L’écorce terrestre est composée de roches de nature très différentes. Il y a d’une part les roches magmatiques comme le basalte et le granite, d’autre part les roches sédimentaires comme le grès ou le calcaire, et enfin les roches métamorphiques, comme le schiste, le gneiss, l’ardoise etc. 

Les premières sont issues du refroidissement du magma qui remonte d’abord dans le manteau, puis dans la croûte, voire en surface. Les secondes sont le produit de la désagrégation de particules minérales, lentement compactées dans les profondeurs des lacs et des fonds marins. Les troisièmes enfin sont le résultat de transformations minéralogiques subies par des roches déjà formées, sous l’effet de changement de température et de pression. 

Dans cet article, nous allons désormais nous intéresser à la dynamique de l’écorce terrestre

L’hypothèse du super-continent

Jusqu’à la Renaissance, les scientifiques occidentaux pensaient que la position des continents était rigide et immuable. Mais cette vision fixiste devait être bouleversée…

Les XV et XVIe siècles sont marqués par la découverte de l’Amérique. Les cartographies du monde évoluent au fil de l’exploration de nouveaux territoires. En 1596, un scientifique français du nom de Abraham Ortelius remarque une ressemblance entre le tracé des côtes américaines et africaines. Dans son Thesaurus Geographicus, Ortelius émet l’hypothèse que ces continents aient été autrefois réunis avant d’être séparés par de puissants phénomènes géologiques (éruptions volcaniques, séismes…).

La théorie est reprise en 1858 par Antonio Snider-Pellegrini. Dans un mémoire intitulé La Création et ses mystères dévoilés, le géologue expose la ressemblance entre certains fossiles de végétaux retrouvés en Amérique et en Afrique et datés du Carbonifère (-359 à -299 Ma). 

Il en déduit qu’un unique bloc primitif de roches en fusion aurait occupé une partie de la surface de la Terre avant de se scinder en plusieurs blocs. Ceux-ci auraient ensuite dérivé les uns par rapport aux autres pour finalement, prendre leur position actuelle. Les roches se seraient alors refroidies et solidifiées. Tenant de l’orthodoxie chrétienne, le géographe invoque le Déluge biblique pour expliquer le refroidissement des roches.

Alfred Wegener, la Pangée et la théorie dérive des continents

Vidéo : Alfred Wegener et la dérive des continents – https://www.youtube.com/watch?v=jise9inICOs (22 min)

En 1915, le géophysicien allemand Alfred Wegener propose une explication plus complète. Dans son ouvrage intitulé Die Entstehung der Kontinente und Ozeane (La genèse des continents et des océans), il souligne tout d’abord la concordance entre les contours des continents américains et africains et la cohérence des données paléontologiques recueillies : 

“La première idée des translations continentales me vint à l’esprit dès 1910. En considérant la carte du globe, je fus subitement frappé de la concordance des côtes de l’Atlantique, mais je ne m’y arrêtai point tout d’abord, parce que j’estimai de pareilles translations invraisemblables. En automne 1911, j’eus connaissance par hasard, en lisant une collection de rapports scientifiques, de conclusions paléontologiques, inconnues jusqu’alors pour moi, admettant l’existence d’une ancienne liaison terrestre entre le Brésil et l’Afrique.” 

De ces constats, Wegener émet à son tour l’hypothèse que les continents actuels étaient autrefois regroupés en une seule masse continentale. Il lui donne le nom de Pangée (du grec pân, tout, et gaïa, Terre). 

Ce supercontinent se serait disloqué et, peu à peu, les fragments se seraient éloignés les uns des autres pour former les continents tels qu’on les connaît aujourd’hui. Wegener met en avant le fait que, soumise à des efforts prolongés, l’écorce terrestre puisse se comporter comme un fluide visqueux, c’est-à-dire se déformer et s’écouler.